Les crétois mobilisés face au plomb contaminant !

Un problème de santé publique menace les habitants de la ville de Crest depuis quelques années. Aujourd’hui, la ville est gravement touchée par des problèmes de contamination de l’eau via le plomb. En réponse à ce problème, le maire de Crest, M. Hervé Mariton, répond à ses administrés par une augmentation de la facture d’eau de 6% !

Du plomb dans les canalisations

Selon le collectif d’usagers de l’eau du robinet de la ville, dans la ville de Crest, 34% du total des canalisations et branchements contiennent du plomb.  Alors que la moyenne nationale en France est de 5%.  Ainsi, dans cette commune de la Drôme, plus de 950 canalisations polluent l’eau du robinet. Malgré les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé de 10mg/l et la Directive Européenne qui transposée dans le droit français depuis 26 décembre 2013 oblige les communes françaises de respecter cette norme pour l’au potable qu’elles fournissent. Malheureusement à Crest, le taux de plomb dans l’eau est supérieur aux limites officielles et cela au détriment la santé des crétois et plus particulièrement celles des nourrissons, des enfants, des femmes enceintes et des personnes fragilisées.

Petit retour sur l’histoire de l’eau à Crest

En 2003, la mairie du Crest approuve un arrêté préfectoral déclarant que l’ensemble du département est une zone à risque d’exposition au plomb. Ainsi, en 2006, la mairie de Crest prend une décision majeure mise en exergue dans son agenda 21. Elle s’engage à ce que toutes les canalisations en plomb soient changées d’ici 2013. Malgré ce fait, la mairie ne fait pas appel aux subventions proposées à ce moment par l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse (aide à hauteur de 30% du cout des travaux de remplacement). Depuis 2006, le renouvellement des canalisations d’eau se poursuit à un rythme bien inférieur aux engagements pris et largement insuffisant  face aux 1 500 canalisations menaçant les crétois… Fin 2015, un nouveau cas d’intoxication au plomb est révélé chez un nourrisson. Début 2016, faisant face à une forte mobilisation citoyenne, le Maire réitère sa promesse quant au renouvellement des canalisations en plomb. Cette nouvelle promesse n’est pas sans conséquence sur les consommateurs d’eau puisqu’en parallèle, la mairie impose une augmentation de 6% du tarif de l’eau. En même temps, la ville porte un formidable projet de complexe aquatique estimé à 15 millions d’euros (pour avoir plus d’information sur ce projet, cliquez >>>ICI) ! Cherchons l’erreur…  Aujourd’hui, la mairie cherche des subventions pour renouveler les canalisations incriminées, refuse de rendre publique le plan des réseaux défectueux ainsi que  les 250 résultats d’analyses réalisées par ses services (y compris celles concernant des établissements publics).

La mobilisation citoyenne

Depuis 2015,  le collectif d’usagers de l’eau du robinet de la ville se mobilise autour de cette question de santé publique et de manque de transparence et de responsabilité de la collectivité. Selon ce collectif, plus d’un tiers des canalisations de Crest seraient contaminées et l’information des citoyens sur la présence du plomb dans l’eau est primordiale ainsi que des engagements sérieux quant aux investissements à réaliser.
Ce collectif rappelle également que des analyses gratuites sont proposées par la mairie à tous les crétois. Peu médiatisées par cette dernière, les analyses sont un bon moyen pour s’assurer de la qualité de l’eau de son robinet et pour informer plus largement tous les citoyens. Les résultats sont collectés et cartographiés sur le site du Collectif local (pour avoir plus d’informations sur ce projet, cliquez >>>ICI) Parallèlement, le collectif des Bouffons Masqués a réalisé récemment un clip vidéo adressé au «  Seigneur de Crest » intitulé « À CREST ÇA PÈTE LES PLOMBS »

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=DfZ_A9PWXuA

Affaire à suivre…

Foire à l’innovation sociale // Samedi 28 mai 2016 – Esplanade de la Grande Côte // 15H00

SatelliteLe temps d’une journée, la Foire à l’Innovation Sociale investira l’esplanade pour permettre l’expression des acteurs et des demandeurs et pour soutenir ceux qui veulent faire bouger l’opinion. A travers le triptyque « Découvrir, Comprendre, Agir », des ateliers thématiques seront animés par les associations participantes, avec des débats, un laboratoire à projets, des témoignages, de l’information, des possibilités d’engagements individuels ou collectifs. Des clowns et une fanfare seront également présents, un bar proposera quelques boissons et des crêpes… D’autres animations pourront être proposées au public lors de cet événement.

Pour télécharger le dossier de présentation, cliquez >>>ICI

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Rendez vous les 21 et 22 mai 2016 pour le dixième rassemblement des Glières

Le 21 et 22 mai 2016, retrouvez la Coordination Eau Bien Commun Rhône Alpes au rassemblement « Paroles de Résistances »  sur le plateau des Glières à Thorens-Glières.

affiche pngLors de ce dixième rassemblement, vous retrouverez les résistants d’hier et ceux qui luttent aujourd’hui pour créer un monde plus juste et solidaire.  Ces personnes partageront la tribune pour exprimer leurs engagements et leurs actions avec le public.

Organisé par Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, vous pouvez retrouver et consulter le programme  en cliquant  >>> ICI

Cliquez >>>ICI pour télécharger l’affiche de l’édition 2016

400 coups pour l’eau à Villefranche-sur-Saône

Le vendredi 13 mai, « Vague citoyenne » a déferlé sur Villefranche. A l’initiative du Collectif de l’Eau Bien Commun Beaujolais,  une projection-débat  a été organisée en présence du réalisateur François Guieu, de Natalia Dejean, co-présidente de la Coordination Eau Bien Commun Rhône-Alpes et devant un auditoire de citoyens très sensibilisés aux préoccupations locales autour de l’eau à Villefranche. 
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« Vague citoyenne » est un documentaire qui retrace les six dernières années des mouvements sociaux pour l’Eau Bien Commun en France. Préoccupés par la qualité de l’eau, son prix et son mode de gestion, les citoyens ne veulent plus laisser ce sujet exclusivement sous la responsabilité de leurs élus et encore moins aux mains des opérateurs privés.
L’eau est un Bien Commun de l’Humanité, indispensable à la vie sur Terre. Elle doit rester dans la sphère publique, dans le domaine de l’intérêt général et loin des lois du profit. C’est le fil conducteur de « Vague citoyenne » et celui aussi d’une mobilisation de plus en plus forte sur nos territoires, sous forme de collectifs, coordinations et associations partout en Rhône-Alpes et en France.

« Au pays de Gex, la mobilisation citoyenne a conduit en décembre dernier les élus à choisir de revenir en gestion publique pour l’eau et l’assainissement après plusieurs contrats avec des entreprises privées. Au pays de l’Arbresle, où la réforme territoriale en cours (loi NOTRe) menace la gestion démocratique de l’eau en régie publique, un collectif pour l’Eau Bien Commun interpelle les élus sur l’avenir de leur ressource. A Lyon, les citoyens attendent de voir les promesses de Véolia traduites en améliorations et espèrent que l’eau de Lyon redeviendra publique à la fin de ce dernier contrat privé. Partout, l’eau redevient un sujet de débat, de mobilisation et de démocratie « , précise Natalia Dejean.
« A Villefranche, la gestion de l’eau et de l’assainissement est confiée depuis toujours à des entreprises privées. Alors que le prix continue d’augmenter et que la qualité ne cesse de se dégrader (même si on nous a dit le contraire pendant longtemps), nos élus toujours confiants envisagent d’investir des millions dans l’agrandissement de la station de potabilisation et par la même occasion de renouveler le contrat de délégation de ce service public à des entreprises privées, sans aucune étude préalable d’autres alternatives pour trouver une eau de meilleure qualité sur notre territoire, pour mieux protéger cette ressource ou changer son mode de gestion. Sans réel débat entre les élus et encore moins avec les citoyens », déclare Alain Liénard au nom du Collectif Eau Bien Commun Beaujolais.
« Et pourtant, nous sommes de plus en plus intéressés par la qualité de l’eau que nous buvons, de plus en plus préoccupés par la santé de nos enfants et de l’avenir que nous allons leur laisser. Nous souhaitons avoir notre mot à dire dans des choix aussi importants qui concernent l’eau. Nous avons la volonté, les moyens et la capacité pour participer à la gestion de cette ressource en tant que citoyens et usagers de l’eau. Et nous pouvons aussi nous informer et nous former auprès d’autres collectifs, citoyens et collectivités. Toutes les conditions sont réunies pour changer nos modes de faire, sans pour autant chercher des solutions techniques de plus en plus coûteuses pour continuer à polluer et à consommer ».
Plusieurs spectateurs ont exprimé leurs préoccupations et une quinzaine a rejoint le Collectif local pour l’Eau Bien Commun.
L’analyse des contrats actuels entre la Communauté d’agglomération de Villefranche sur Saône et les délégataires est en cours. D’autres actions sont en construction pour amener les élus à envisager un mode de gestion de l’eau plus démocratique, plus équitable, moins dispendieux mais aussi plus respectueux de l’environnement. D’autres associations et citoyens préoccupés par ces valeurs sont appelés à rejoindre le Collectif Eau Bien Commun Beaujolais.

La presse en parle:

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Un livre à découvrir : (Biens) communs, quel avenir ?

indexPublié aux éditions Yves Michel, ce livre de Pierre Thomé nous propose une réflexion sur les communs. De quoi parle t-on ?  L’eau, l’air, la terre sont les biens de tous et non pas des marchandises appropriables. Pour autant à qui revient leur gestion ? Ce sont des biens publics ? collectifs ? A travers de nombreuses expériences dans le domaine de l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, le livre nous invite à réfléchir sur le « faire en commun » et tente de proposer une définition pour les « communs ».  En effet, au-delà de leurs caractéristiques naturelles, ce qui rends ces biens « communs » c’est la manière dont on les gère collectivement, démocratiquement. C’est pourquoi, ce livre montre le lien fort entre ces expériences de « faire en commun » et l’économie sociale et solidaire. Dès lors, ces deux mondes se nourrissent. Les outils de l’ESS (association, SCOP, SCIC) s’avèrent utiles pour expérimenter une gestion en commun et dans le même temps la notion de « communs » permet de nourrir la dimension politique et transformatrice de l’ESS.

Les auteurs :

Pierre Thomé : ancien travailleur dans l’action sociale, il est actuellement chargé de mission auprès du Conseil général du Rhône pour évaluer les dispositifs d’accueil et de protection de l’enfance. Militant de l’ESS et du bien commun, il  a déjà publié aux mêmes éditions le livre : « Créateurs d’utopies, Démocratie, autogestion, économie sociale et solidaire » en 2012.

Jean Huet (auteur du chapitre 4) : chargé de mission SCIC à la confédération générale des SCOP. Il est l’auteur du livre « Vers une gestion coopérative de l’eau » (éd. Fondation Gabriel Péri, 2014).

Christian Laval (auteur de la préface) : professeur de sociologie à l’université Paris Ouest Nanterre à la Défense. Dernier ouvrage : « COMMUN. Essai sur la révolution au XXI siècle » (La Découverte, 2014).

 

Nous sommes des citoyens et des acteurs du monde associatif rhônalpin très divers et complémentaires, réunis par une même volonté de participer à la gestion et à la protection de l’eau, notre bien commun.